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Lauréat régional du
Prix de la francophonie en alphabétisation 2004
Donat Roussel, Le Goulet (Nouveau-Brunswick)
Ma vie sans éducation
Mon nom est Donat Roussel, j’ai 53 ans et je demeure à Le Goulet, Nouveau-Brunswick. Si l’on fait un retour en arrière, lorsque je fréquentais l’école publique, je connaissais de la difficulté. J’ai laissé l’école à l’âge de 21 ans. J’aimais l’école, mais j’avais besoin d’aide et dans ce temps-là cela n’existait pas. De plus, mon père était hospitalisé et ma mère seule pour nourrie la famille. C’était une période difficile et j’ai dû quitter l’école afin de travailler dans le but d’aider à la famille. Par la suite, j’ai eu un emploi dans une usine.
Bien des années plus tard, dons en 1992 dans le village de Le Goulet il y a eu l’implantation d’une classe de récupération scolaire. De là, je me suis informé sur leur programme et ce qu’il offrait comme service. Par la suite, je me suis enregistré dans les cours. Lors de mon inscription, je me suis fait évaluer étant donné que cela faisait longtemps que j’avais fréquenté une institution scolaire. Après cette évaluation, j’ai été obligé de débuter en première année vu que le système avait vraiment changé. Au fil des ans, j’ai fait beaucoup d’amélioration en lecture, écriture, mathématiques et en français. J’avais 42 ans quand je me suis inscrit dans les cours de récupération scolaire.
Maintenant, je suis rendu dans le programme de G.E.D.. J’ai acquis de l’estime de moi et une grande confiance et c’est à partir de là que j’ai pu surmonter de nombreux problèmes. Les changements personnels furent tellement importants, que j’ai été approché en 1993 afin de devenir président du P.C.R.S. de Le Goulet. Aujourd’hui, je peux vous dire que je suis très satisfait de mes accomplissements et de mes réalisations auprès des classes du P.C.R.S.. Je suis très fier du bagage de connaissance que les classes de récupération scolaire m’ont apporté.
Comme président bénévole, mon expérience a été enrichissante tant du point de vue éducationnel que personnel. Voici quelques réalisations à titre de président du P.C.R.S.. Durant la première année lorsque j’ai débuté comme président, j’étais très nerveux et même vraiment gêné lorsque venait le temps de parler devant le public. Si je fais un retour en arrière, je m’aperçois que maintenant je peux m’exprimer plus librement et en confiance devant un auditoire. Par la suite, j’ai organisé des activités dans le but de ramasser des fonds pour défrayer les manques à gagner dans l’administration des classes.
De nombreuses activités furent organisées pour venir en aide aux classes et ainsi faire connaître notre travail auprès des gens de la communauté. Mon implication m’a permis de participer à de nombreux forums et à de nombreuses activités. Par exemple, en 1995, j’ai participé à la semaine de la Francophonie à Tracadie-Sheila au Nouveau-Brunswick. J’ai été interviewé par la radio communautaire sur mon implication et mon rôle au sein de cet organisme. En 1996, j’ai participé au Défi-Alpha comme bénévole. Durant cette même année, j’ai reçu un certificat de reconnaissance pour mon aide à la réalisation du Défi-Alpha. Durant cette même année, j’ai reçu le prix de l’apprenant de l’année à Moncton, Nouveau-Brunswick.
Plus tard dans la même année, j’ai participé à l’organisation de la visite de Madame Betty Byana Alarcon du Chili. Également, nous avons eu la visite de Madame Clémence Kilvaser du Burkina Faso. Le 19 mars 1998, j’ai participé à l’organisation de la journée internationale qui a eu lieu au centre communautaire de Le Goulet, Nouveau-Brunswick. De nombreuses classes de la Péninsule acadienne présentaient les mœurs et coutumes et la vie des gens de différents pays. Nous avons gagné le deuxième prix avec notre présentation sur la Guyane Française. Plus tard dans la même année, nous avons participé au Sommet de la Francophonie à Dieppe au Nouveau-Brunswick. Mon implication dans le Comité Partenariat m’a permis de faire partie de plusieurs groupes et organismes du Village de Le Goulet, au Nouveau-Brunswick.
À titre d’exemple, en 1994, j’ai été animateur pour le mouvement scouts et castors. Dans la même année, j’ai été bénévole sur le comité de la Paroisse Marie-Médiatrice de Le Goulet. En 1995, j’ai siégé sur les comités de la salle communautaire et de l’Association Sportive de ma localité. En 1998, j’ai siégé comme membre du Conseil Passeport de Shippagan. Finalement en 2003, j’ai fondé avec quelques autres personnes le Conseil La Vague de Le Goulet. Ce conseil s’occupe de la promotion et de faire connaître les Services qu’offrent les classes de récupération scolaire dans la municipalité de Le Goulet et dans également deux autres communautés avoisinantes.
J’ai fait beaucoup de bouche à oreilles dans ma communauté. C’est pour cela que beaucoup de gens se sont inscrits dans les cours. De ce nombre, plusieurs d’entre eux ont continué leurs études. Aujourd’hui, on retrouve des gens qui travaillent dans plusieurs domaines par exemple, dans un foyer de soins pour personnes âgées. Pour moi c’est extraordinaire, car avant de s’inscrire dans nos cours ces gens-là n’avaient qu’une cinquième année.
Toutefois en 2001, j’ai eu une grosse opération. Ma détermination et mon dévouement n’ont pas changé ma perception du rôle que j’avais auprès des gens de ma communauté. C’est pour cela, que je n’ai jamais abandonné les cours et ma position comme président du P.C.R.S. de Le Goulet. Pour terminer, je suis très satisfait de mon travail en tant que président. Je dois être reconnaissant envers le programme de récupération scolaire car ce dernier m’a ouvert bien des horizons et m’a donné tant de satisfactions personnelles. Dans tout cela, il faut avoir de la détermination et faire preuve de courage.
Donat Roussel

