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La Journée de l'alphabétisation familiale

le 27 janvier 2012 » voir

Lauréate régionale du Prix de la francophonie en alphabétisation 2004

Gail Enright, Prince-Albert (Saskachewan)

Mon cheminement de vie... en français

Quand j'ai commencé à sortir avec Laurent Lalonde, mon mari, je savais qu’il était francophone pas juste à cause de son nom mais aussi parce qu'il parlait français avec ses amis et sa famille. J’avais pris un cours de français au secondaire (ça fait longternps !) et tout ce que je me souvenais, c’était comment dire Bonjour. J’aimais le son du français mais quand Laurent parlait, je ne savais pas le sens de la conversation.  Avant de sortir avec Laurent, je prenais des médicaments pour le mal de tête parce que je savais que de sortir avec, lui me donnerait beaucoup de maux de tête.  J’ai dit à Lurent et à sa  famille: “Parlez français devant moi parce que je veux apprendre le français”

On a décidé de se marier et dans notre contrat de mariage,  j'ai accepté de parler français avec les enfants jusqu'à l'âge de cinq ans, J'avais une fille d'un précédent mariage mais je continuais de  parler anglais avec elle, Elie a étudié à I’école Valois même si je ne me sentais pas inclus dans la communauté  francophone parce que je ne pouvais pas parler français. Je n'étais pas trop impliquée avec l’école mais je suis allé aux activités et j'ai écouté,

Laurent était impliqué dans la communauté dans toutes sortes d'organisations francophones. J'étais donc exposé à toutes sortes de réunions, des spectacles de musique,  de théâtre. Un jour,  je suis allé à la pièce de théâtre 'II était une fois Delmas', et, pendant. la pièce de théâtre, j'ai réalisé que je pouvais faire un choix dans ma vie : que je pouvais choisir de changer notre famille pour être  une famille anglophone comme dans la pièce de théâtre ou I'anglophone change tout le village de Delmas au lieu de, lui, changer. J’en était triste. Ce jour là, j'ai donc réalisé que c’était à moi de changer et de continuer à faire l’effort d’améliorer mon français pour garder l’esprit francophone vivant dans notre famille et notre communauté.

Je suis tombée enceinte.  Je me suis inscrite dans ma première classe de français.  Je voulais être capable de parler en français à mon enfant.  J’ai demandé au professeur comment dire les couleurs, comment compter, et quelques chansons d’enfant en français pour enseigner à mon enfant.  L’enseignant me dit: “Dans cette classe, j’enseigne comment poser des questions lors de voyages en pays francophones (comment faire à l’hôtel, au restaurant, ...)  Alors, j’ai commencé à regarder la télévision en français.  Passe-Partout et tous les programmes en enfants.  Je les enregistrais et les regardais deux ou trois fois par jour.   Aussi je me suis mise à écouter la musique d’enfants en français.  J’ai donc commencé à parler en français avec Jean-Marc, mon premier enfant.  Nous avons appris le français ensemble.  On a eu deux autres enfants, Chloé et Gaétan, et j’ai toujours continué à parler en français.

J’ai pris plusieurs cours en français durant beaucoup d’années, et je me suis amélioré.  Un cours en particulier m’a beaucoup aidé: j’ai oublié le nom mais c’était un cours pour apprendre des techniques de lecture en français pour les enfants avec Janice Thomas-Gervais.  J’utilise encore cette technique avec les enfants de ma garderie.  J’ai amélioré mon français en participant à des conférences et des rencontres en français, spécialement lors de la fin de semaine sur les couples exogames à Regina.  J’ai réalisé que la francophonie était très fragile et cela m’a motivé à poursuivre avec mon français parce que c’était bon.  On m’a envoyé à St. Paul (Alberta) comme représentante des apprenants adultes de la Saskatchewan.  J’ai trouvé très intéressant de partager les expériences avec d’autres personnes “illettrées en français” de partout au Canada.  Pendant que j’étais éducatrice pour les Micro-francos (pré-maternelle francophone à Prince Albert), je suis allé aux différents ateliers pour les éducatrices en pré-maternelle.  J’ai appris beaucoup pour enseigner le français aux enfants en utilisant le programme “Paul et Suzanne”.  En plus de toutes ses formations, il m’est souvent plus facile de comprendre les difficultés des enfants parce que j’ai moi-même passé par les difficultés
qu’ils rencontrent.  Donc, ma propre expérience me sert dans mon travail de tous les jours.

La Fête fransaskoise est un autre événement qui m’a beaucoup aidé à améliorer mon français en étant bénévole et en participant aux différentes activités offertes à la fête.

Aujourd’hui, la famille de Laurent me parle toujours en français.  Je me suis intégré très bien à sa famille et à la communauté francophone.  Lors d’une rencontre de famille, ma belle-sœur parlant uniquement en anglais, tout le monde s’est mis à parler anglais autour de la table.  Le moment ou elle a quitté, la conversation est revenue au français.  Lors d’olympiades organisées à P.A., j’ai rencontré des québécois et les ai accueillis en français.  C’était merveilleux ce temps que nous avons passé ensemble.  Encore aujourd’hui, nous nous écrivons.  D’avoir appris le français m’a ouvert tellement de portes...

Grâce au français, je n’ai jamais manqué de travail.  J’ai une garderie francophone à la maison; les gens de la communauté francophones me connaissent bien et m’achète des cartes de souhaits, du pain, du savon.... que je fais.  J’encourage les gens à prendre des cours de français.  Je crois qu’on n’est jamais trop vieux pour apprendre.  Je suis aussi fière de dire que je ne suis pas la cause de la fin de la culture francophone dans la famille de Laurent, mais plutôt que j’ai laissé cet héritage à nos enfants.

Gail Enright

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