Lauréat du Prix de la francophonie en alphabétisation 2005
Keith Gerwing, Saint-Denis (Saskatchewan)
L'alphabétisation
Mes connaissances de la langue française ont commencé à mon école à Lake Lenore. Mme Marksteiner essayait d'instruire le bon français dans notre classe. Pour la plupart de mes collègues, et pour Mme Marksteiner aussi, c'était un vrai défi ! Pour moi, apprendre une autre langue était plus facile que pour les autres.
Je suis doué avec une oreille musicale et je crois que ça m'a sauvé ! Donc, à ma graduation, ma formation en français était commencée, mais limitée. J'ai retrouvé ma « racine française » durant ma troisième année à l'université. J'ai rencontré un M. Arthur Denis lors de ma recherche pour un emploi d'été. Justement, il cherchait quelqu'un pour travailler sur une ferme vacance, une petite affaire inconnue nommée Ferme Champetre Farm. Jeune comme j'étais, je me suis présenté prêt à travailler. Il m'a averti pendant l'entrevue que tout se passait en français à la ferme. Il n'y aurait aucune exception pour les employés.
À ce temps-là, je ne réalisais pas ce que ça voulait dire, mais j'ai vite appris. Pour les trois mois suivants, je n'ai pas dit plus que deux mots ! Non, c'est vrai, j'ai eu plusieurs conversations avec les chevaux et les chiens et ils m'ont compris ! Mon oreille musicale travaillait fort pendant mes premières semaines à Saint-Denis. D'autres personnes auraient peut-être quitté, mais ce n'était pas mon cas. J'avais un motif ultérieur, j'avais un oeil sur la fille du shérif, ou je devrais-je dire qu'elle avait un oeil sur moi ! Pour cette raison, mon désire d'apprendre la langue française a dépassé toutes ces inhibitions de mauvaise prononciation ou d'inventer des nouveaux mots avec ma façon de parler. À ce point-ci, je dois avouer que mon français écrit et lu désire beaucoup d'amélioration.
Je me considère « the illiterate frenchman ». Je suis confiant avec le français parlé, mais je de la misère à écrire et à lire !!! Dieu merci pour le spelleheeker correcteur orthographique ! Mais je ne suis pas un cas perdu. À la fin de cette histoire, j'ai marié la fille du shérif, je suis devenu député de Champêtre County et j'ai trois petits gamins qui ont besoin d'une instruction dans la langue française. Ça fait douze ans que je travaille à Saint-Denis.
Pendant ce temps, j'ai participé à plusieurs événements dans la communauté et je fais parti de plusieurs groupes. J'appartiens au Premier Secours, un groupe responsable de rendre les premiers soins aux alentours jusqu'au moment que les ambulances peuvent arriver au site. Étant dans un endroit francophone, je peux répondre aux blessés ou malades dans leur langue maternelle. J'aide au ministère de musique les dimanches à Saint-Denis. J'ai participé comme monsieur bilingue pour le groupe des jeunes qui se sont rendus à la Journée Mondiale de la Jeunesse à Toronto en 2002.
On se prépare maintenant à aller encore une fois en 2005, avec destination Cologne en Allemagne. En fait, la langue française a changé ma vie. Mes enfants sont élevés en français ; c'est la langue qu'on parle couramment à la maison. Avec l'entreprise de Champêtre County, on rencontre des gens de partout à travers le monde. La langue française est essentielle afin de mieux servir nos clients. Quel est mon prochain défi ? Apprendre la langue de mes ancêtres - sprechen sie deutch ?!!
Keith Gerwing

