Compétence :
un terme en évolution


article2_chainedemontage_bandeauSi le terme « compétence » a récemment fait son entrée dans le milieu de la formation pour adultes, il est utilisé dans le monde du travail depuis des dizaines d’années. Il s’agit d’une notion incontournable lorsqu’on envisage les changements en cours et à venir  dans notre société.

Au début du XXe siècle, l’approche tayloriste domine le monde du travail. L’efficacité des travailleurs repose alors sur un partage clair des tâches où chacun exécute son action indépendamment des autres. C’est l’âge d’or de la division du travail et du travail à la chaîne. Pour être un bon exécutant, le travailleur doit posséder certaines qualités innées et acquises. On s’intéresse donc à la qualification des individus, c’est-à-dire à l’ensemble de ces qualités et à la formation qui permet de les acquérir.

Plus tard, de nombreux changements sociaux ont une répercussion directe sur les milieux de travail : augmentation du pouvoir d’achat, hausse du niveau de scolarité, spécialisation des besoins de consommation, etc. Les employés souhaitent être pris en compte en tant qu’individus dans les entreprises. C’est l’époque du développement des « ressources humaines ». Les seules qualités du travailleur ne suffisent plus à le définir, il s’agit désormais d’étudier comment un individu peut réaliser une tâche dans un monde qui se complexifie. On parle alors de compétence, un terme qui était déjà utilisé en opposition à la performance dans d’autres domaines scientifiques. Puis, du milieu de travail, ce terme glisse dans le monde de l’éducation et de la formation, qui devra dorénavant répondre aux nouveaux besoins des employeurs.

Plus tard, les décideurs politiques adoptent le concept de compétence, car il permet d’aborder les enjeux de compétitivité et de développement économique. Développer les compétences d’une population, c’est la préparer à survivre dans un monde qui connaît de constantes révolutions technologiques ou techniques ainsi que des bouleversements dans les façons de travailler. Pour répondre aux exigences de la société actuelle et future, un individu doit non seulement posséder une grande quantité de connaissances et de savoirs techniques, mais aussi être un bon collaborateur tout en sachant rester autonome, par exemple.

Parler de compétence, c’est parler d’adaptation. Que ce soit pour parfaire notre formation initiale ou pour maîtriser un nouveau travail, nous devons actualiser nos compétences tout au long de notre vie. Cette démarche est essentielle pour suivre l’évolution des changements technologiques au sein des entreprises. Elle l’est aussi pour nous ajuster à un cheminement de carrière non linéaire : changements d’employeurs ou de responsabilités, arrêts de travail, etc.

Parler de compétence, c’est aussi prendre en compte les besoins réels des individus. Ces besoins sont multiples et complexes, car ils touchent toutes les sphères de la vie : travail, famille, communauté. Si les organismes de formation prennent en compte ces besoins, cela pourra augmenter la participation des personnes moins alphabétisées aux programmes et faciliter leur intégration dans la société. Pour les milieux de formation et les fournisseurs de services, cela implique d’avoir une approche globale, de partenariat, qui accompagne les changements. Que la formation… continue !

Pour en savoir plus :

Compétences et socioconstructivisme : un cadre théorique, Philippe Jonnaert, Bruxelles, éditions de boeck, 2010.

Le besoin d’actualisation des compétences, entrevue avec Paul Bélanger [http://www.youtube.com/watch?v=0-Ln86GfvcM)].

Jobs of the future, rapport de Rick Miner, Ph. D., 2012
[http://www.minerandminer.ca/data/Jobs_of_the_Future_Final.pdf].

Isabelle Coutant



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