Compétences essentielles,
la réflexion canadienne


Les compétences à développer

À la fin des années 1970, la plupart des pays occidentaux entament des recherches afin de déterminer les compétences nécessaires à tout individu pour participer pleinement à tous les aspects de la vie en société. Les listes de compétences établies sont propres à chaque pays, mais elles ont deux points communs :

  • Elles ont le plus souvent été élaborées à partir d’enquêtes réalisées auprès d’employeurs et de travailleurs.
  • Elles comprennent toujours les compétences en littératie (lecture, rédaction, calcul).

Les compétences essentielles

En 1990, le Conference Board du Canada est chargé d’établir les compétences « que la main-d’œuvre canadienne doit posséder ». Il publie ensuite le Profil des compétences relatives à l’employabilité. À partir du Profil, de recherches menées entre autres aux États-Unis, en Australie et au Royaume-Uni, et d’entrevues avec des employeurs, le Canada valide une liste de neuf compétences essentielles.

Loin d’être terminée, la réflexion sur cette question se poursuit aujourd’hui sous la responsabilité du Bureau de l’alphabétisation et des compétences essentielles (BACE). Le BACE a également élaboré plus de 350 profils des compétences essentielles pour montrer comment celles-ci sont utilisées dans une grande variété de métiers. Si la liste a un peu changé depuis les années 1990, elle contient encore trois grands types de compétences :

  • les habiletés de base en littératie (lecture, calcul, rédaction);
  • des compétences relationnelles (travail d’équipe, communication orale);
  • des compétences informationnelles et transversales (utilisation de documents, informatique, capacité de raisonnement, formation continue).

Les compétences essentielles sont pensées pour le plus grand nombre d’individus et pour la plus grande variété de contextes. La liste canadienne regroupe des compétences semblables à celles que d’autres pays occidentaux jugent nécessaires. Si cette liste n’est pas exhaustive, elle a l’immense mérite d’offrir une base solide et élargie pour la formation de base des adultes partout au Canada.

Pour compléter les compétences essentielles, on ajoutera les compétences spécialisées comme les compétences techniques appropriées aux tâches à exécuter dans le milieu professionnel. La formation nécessaire à l’acquisition des compétences spécialisées incombe généralement à l’employeur ou au système d’éducation.

Illustration_Article3_bandeauLes adultes francophones moins alphabétisés vivant en milieu minoritaire au Canada ont des besoins spécifiques. Il faut donc, dans leur cas, ajouter d’autres types de compétences. En effet, le développement de compétences langagières en langue seconde (ici, l’anglais) permet aux individus d’accomplir les tâches requises pour s’intégrer et progresser dans leur milieu, notamment au travail.

Les compétences essentielles, spécialisées et langagières ont une visée fonctionnelle. Elles permettent à un individu de se développer et de s’intégrer dans divers milieux, mais elles offrent un cadre assez limité, car elles tiennent peu compte de la dimension personnelle. Pour élargir le spectre de ces compétences, on peut s’appuyer sur d’autres listes encore. À titre d’exemple, les compétences génériques comportent des aptitudes davantage liées au savoir-être comme la minutie ou la confiance en soi. Pour favoriser la reconnaissance de ces compétences génériques, l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA) a produit l’outil Nos Compétences fortes, qu’il vient de mettre à jour. Nous aurons l’occasion de lui consacrer le prochain article !

Pour en savoir plus :

Pour un modèle intégré au service du développement de l’alphabétisme des francophones du Canada, Fédération canadienne pour l’alphabétisation en français, Ottawa, 2011.

Isabelle Coutant



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