Nos compétences fortes :
un outil de l’ICÉA

Une entrevue d'Hervé Dignard - Partie 1


Assemblée générale 2009Les compétences génériques sont les plus étroitement liées à la personnalité, à l’attitude et au savoir-être. Créativité, sens de l’observation, confiance en soi… ces qualités se développent dans tous les milieux de vie et ne sont pas propres à un emploi. Cependant, les identifier permet de prendre conscience de ses forces et de ses capacités, pour mieux s’intégrer socialement ou vivre une situation de transition. C’est le but de l’outil Nos compétences fortes (NCF) conçu par l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA). Hervé Dignard, chargé de projet aux politiques en éducation des adultes à l’ICÉA, a répondu aux questions d’Isabelle Coutant.
L’entrevue au sujet de l’outil Nos compétences fortes est présentée en deux parties.

Pourquoi avoir conçu un outil sur les compétences génériques?
C’est une longue histoire ! Tout d’abord, travailler sur ces compétences permet de mettre en valeur l’expérience de vie d’un adulte. Cet objectif, l’ICÉA le poursuit depuis de nombreuses années. La première version de l’outil, parue en 1995, reposait sur divers travaux remontant aux années 1970. À cette époque, on travaillait beaucoup à démontrer l’utilité de développer les compétences génériques. Ces compétences peuvent être acquises en dehors de l’école ou d’un système de formation. Elles se développent tout au long de la vie et elles montrent que l’expérience personnelle est un acquis professionnel.

Au cours des années 1980, plusieurs initiatives ont permis de définir la notion de «compétence générique». L’une de ces initiatives a été la publication de Question de compétence, un outil au service des femmes. L’ICÉA a produit cet outil avec COFFRE et Relais-Femmes afin de reconnaître les compétences génériques de femmes au foyer chefs de familles monoparentales pour favoriser leur réinsertion socioprofessionnelle. Nos compétences fortes, publié en 1995, est une adaptation créative de Question de compétence. Avec NCF, nous avons voulu créer un outil plus large, destiné non seulement aux femmes, mais aussi aux personnes peu alphabétisées.

Justement, quand on parle des personnes moins alphabétisées, on cherche souvent à développer leurs compétences essentielles, leur employabilité. Or on sait que leurs besoins sont multiples; L’outil   Nos compétences fortes permet-il d’y répondre?
Oui, en partie, bien sûr ! Il faut bien comprendre que NCF est un outil de formation qui fait appel à une démarche d’animation de groupe. Cela dit, l’esprit de NCF ne s’enseigne pas, il se vit. C’est une façon collective d’identifier ses compétences et de découvrir la reconnaissance des acquis. NCF peut répondre à des besoins multiples pour différentes raisons : d’abord, les compétences génériques sont utiles dans tous les domaines de la vie; ensuite, elles sont transférables à tous les milieux de vie; et, enfin, le fait de les identifier est très valorisant. De plus, en tant que démarche d’animation, l’outil est facilement transposable. Je crois qu’il serait possible de s’en servir pour identifier plusieurs types de compétences, pas seulement les compétences génériques.

Comment se présente l’outil   Nos compétences fortes?
Concrètement, il s’agit d’une mallette qui contient des cartes de compétences pour l’animateur et des affiches destinées au groupe. Chaque compétence est divisée en quatre capacités. Cela permet de réfléchir collectivement aux compétences et d’atteindre trois objectifs :

  • savoir se reconnaître des compétences génériques fortes;
  • savoir reconnaître des compétences génériques fortes chez les autres;
  • savoir reconnaître les compétences génériques utiles dans des situations de travail.

Encore une fois, la mallette est un support d’animation. C’est pour cela que les personnes qui souhaitent utiliser la démarche doivent suivre la formation de l’ICÉA afin de pouvoir animer un groupe.

Isabelle Coutant



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