Nos compétences fortes : un outil augmenté et actualisé

Une entrevue d'Hervé Dignard - Partie 2


Hervé DignardHervé Dignard, chargé de projet aux politiques en éducation des adultes à l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA), a répondu aux questions d’Isabelle Coutant. Voici la seconde partie de l’entrevue au sujet de l’outil Nos compétences fortes.

 

Quels éléments avez-vous ajoutés à la nouvelle version de Nos compétences fortes ?

Tout d’abord, cette nouvelle version est plus adaptée au milieu de travail. L’un des deux scénarios d’animation proposés repose en effet sur l’observation des compétences utilisées au travail. Ensuite, en 1995, nous présentions les compétences génériques sous forme de vidéos qui contenaient beaucoup de références culturelles peu pertinentes pour les Néo-Canadiens. Nous avons abandonné ce support pour utiliser aujourd’hui des textes courts. On pourrait penser que cela demande un petit peu plus d’aptitudes en lecture, mais l’outil est utilisable par des personnes de niveaux I et II. Les supports d’animation comprennent des illustrations qui permettent de comprendre malgré tout. Nous l’avons testé avec succès auprès de personnes peu ou pas à l’aise avec l’écrit. Les personnes moins alphabétisées sont notre public cible, mais l’outil s’adresse à un public plus large. Dans la nouvelle version, on est passé de 13 compétences identifiables à un référentiel de 22 compétences.

Nos compétences fortes - DébrouillardiseL’outil Nos compétences fortes est-il utilisable partout au Canada ?

Oui, bien sûr. Même s’il a été conçu au Québec, il est pertinent pour toutes les communautés francophones du pays! À cause des contraintes d’éloignement géographique, plutôt que de former directement des animateurs NCF, nous voulons former des formateurs qui pourront ensuite former des animateurs dans leur communauté. L’outil est essentiellement utilisé en alphabétisation, dans les groupes communautaires, les entreprises d’entraînement ou de développement de la main-d’œuvre, les organismes d’insertion.

Pour vous, quel est l’atout majeur de cet outil ?

Je pense que sa force est de permettre d’identifier les compétences génériques sans les évaluer. On ne cherche pas à savoir quel est le niveau de compétence d’un individu, ni quelles compétences lui « manquent ». On se concentre plutôt sur les compétences acquises. C’est une approche positive et valorisante. Par exemple, NCF est un outil de choix pour une entreprise qui cherche à savoir quelles sont les forces de ses employés. Le fait qu’il s’utilise collectivement favorise, en soi, la communication et le travail d’équipe!

———

Comme on le voit, l’approche positive de Nos compétences fortes repose sur une animation dynamique et collective. Il ne s’agit pas d’un outil d’évaluation des compétences. Cette évaluation, d’autres outils et méthodes permettent de la réaliser. Nos prochains articles présenteront certains d’entre eux. À l’échelle internationale, les grandes enquêtes sur la littératie et les compétences des adultes donnent un portrait de la situation pour une population donnée. Notre prochain article traitera de ces enquêtes dont la plus récente est le Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA).

Pour en savoir plus :

Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA) [http://icea.qc.ca/site/services/nos-compétences-fortes].

Isabelle Coutant

 



Partager
Mots-clés
Written by admin