Développement, technologies et redéfinitions de la littératie

Chroniques de l'Institut d'automne, journée 2 - lundi 28 octobre 2013


Les composantes de la lecture dans les pays en développement
Learning to read, reading to learn.

Manuel Cardoso, spécialiste des programmes à  l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU), a débuté la session de l’après-midi avec une présentation sur l’enquête LAMP qui a évalué les capacités de lecture des populations de la Mongolie, du Paraguay, de la Palestine et de la Jordanie, en deux vagues d’enquêtes, entre 2006 et 2013. Le processus d’administration des questionnaire démarrait par une première partie contextuelle suivie d’un filtre puis de questions d’une difficulté croissante. Les premières analyses comparatives de ces résultats montrent qu’il existe des fossés générationnels qui s’expliquent par un meilleur accès des jeunes à l’école et une baisse des compétences cognitives chez les adultes vieillissants, et des fossés entre les genres, surtout grâce à un meilleur accès des filles à l’école depuis une ou deux décennies.

Francisl_Jour 2_Institut Oct 2013Ils établissent aussi une relation étroite entre les niveaux de littératie, les niveaux de scolarité et les pratiques qui entretiennent ces niveaux de littératie. Autrement dit, en Mongolie, les personnes ayant les meilleurs résultats aux tests sont aussi celles qui utilisent le plus un ordinateur, ou encore celles qui utilisent la fonction d’envoi de textes de leurs téléphones cellulaires, comparativement à celles qui ne font ni l’un ni l’autre.

Combiner les données du PEICA avec des sources complémentaires pour améliorer l’analyse de populations spécifiques

Jean-Pierre Corbeil, directeur adjoint à la Section des statistiques linguistiques de Statistique Canada, a ensuite évoqué la combinaison de données issues de sources différentes pour améliorer les analyses statistiques relatives aux personnes autochtones, immigrantes et aux groupes linguistiques minoritaires.

Il existe plusieurs autres sources de données : les questionnaires contextuels s’ils sont administrés en même temps qu’une enquête, d’autres études, des données administratives, etc.

Ajouter des données complémentaires à l’enquête du PEICA devrait permettre de mieux exploiter les informations déjà fournies par cette enquête. Par exemple, en appariant aux données apportées par PEICA sur les populations francophones hors du Québec celles de la dernière Enquête auprès des ménages de 2011, il sera plus facile de reconstituer l’environnement et les pratiques linguistiques des répondants. Et la compréhension des pratiques linguistiques de ces adultes en sera améliorée.

La synthèse de la journée a été concoctée par Yvon Laberge, directeur général du Collège Éducacentre de Vancouver et JD Carpentieri, agent principal politiques et recherches au National Research and Development Centre for Adult Litteracy and Numeracy.

Ils ont d’abord fait la remarque du contraste existant entre la lenteur de la mise en place de politiques et les besoins pressants qui existent sur le terrain en matière d’éducation des adultes. JD Carpentieri a évoqué la récente dotation en Ipad de l’ensemble des élèves en apprentissage de l’anglais en Arabie Saoudite, par décret royal, une mesure simple et efficace. Plus sérieusement, ils ont regretté que le processus de mise en place de politiques soit précédé par des enquêtes, elles-mêmes suivies de projets pilotes, soumis à évaluations, puis de mise en branle du secteur économique, pour aboutir à des décisions qui seront l’amorce de changements réels sur le terrain.

Sur la présentation de Manuel Cardoso, ils ont comparé ses observations sur LAMP avec ce qui ressort du PEICA : on oublie trop souvent l’importance de la pratique. Ainsi, certains jeunes adolescents européens qui ont appris à lire mais ne pratiquent pas assez cette compétences pour pouvoir en faire un outil d’apprentissage. Yvon Laberge a évoqué l’importance de l’apprentissage tout au long de la vie au même titre que la pratique, pour acquérir et conserver ses compétences, tout en faisant le lien avec les programmes qui font évoluer des pratiques et ont au final des conséquences sur les compétences, des changements qu’il est plus facile de constater sur le long terme.

Final tribune_Jour 2_Institut Oct 2013Enfin, le panel de l’ensemble des présentateurs de l’après-midi a répondu à des questions portant surtout sur les différents outils technologiques utilisables dans les pratiques d’enseignement et d’apprentissage, et comment ils peuvent mieux répondre aux besoins des personnes apprenantes et des formateurs.

 

Laurence Buenerd



Partager
Mots-clés
Written by admin