Les lecteurs peu qualifiés
au Canada

Institut d'été - Jour 1 - Mercredi 25 juin


Geneviève Dorais-Beauregard, CDEACFEntrevue avec Geneviève Dorais-Beauregard du Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine (CDÉACF), à propos de la présentation de Stephen Reder, professeur à la Portland State University.

La présentation de Stephen Reder portait sur le lien existant entre les composantes de la lecture du PEICA, les pratiques de lecture et les niveaux de compétences en littératie : plus de 3,5 millions (ou 15 %) des adultes âgés de 16 à 65 ans au Canada possèdent des compétences de lecture qui correspondent au niveau le plus faible (niveau 1, ou inférieur au niveau 1, sur l’échelle du PEICA mesurant les compétences en littératie). Ces faibles niveaux de compétence ne sont pas en train de disparaître : la comparaison des niveaux de compétences en littératie et en numératie au Canada en 2003 et 2012 a montré qu’il y a une plus grande proportion d’adultes se classant dans les niveaux de compétence les plus faibles en 2012 qu’en 2003. Pour participer aux tests, les personnes ont choisi l’une des deux langues officielles pour l’évaluation de leurs compétences. Au Québec, 98 % des francophones ont choisi le français alors que, dans le reste du Canada, seulement 46 % des francophones ont choisi le français. Les immigrants et les autochtones ont également choisi, pour leur évaluation, une langue qui n’est pas leur langue maternelle. Ces choix sont bien sûr la manifestation de grandes complexités socioculturelles.

«Ce qui m’a vraiment intéressée, c’est qu’on voyait pour la première fois quelqu’un parler des compétences en lecture. Ça a soulevé beaucoup de questions dans la salle. En tout cas, j’ai hâte de voir le rapport qui va sortir cet été. Stephen Reder a mentionné que sur les scores globaux, les francophones s’en sortaient moins bien que les anglophones pour les tests de lecture. Par contre, quand on décortiquait les composantes du test, comme le vocabulaire, la compréhension, etc., les scores des francophones étaient plus élevés que ceux des anglophones.

Je trouve ça très troublant et ça soulève beaucoup de questions sur des aspects autres que les aspects de compétences.

L’autre chose qui m’a interpellée, c’est que les francophones lisent moins que les anglophones, une tendance qui reste la même à chaque enquête. Donald Lurette proposait comme explication que la scolarisation des francophones s’est faite historiquement plus tard que celle des anglophones, et que traditionnellement, ils exerçaient des métiers de type manuel qui ne nécessitaient pas de compétences élevées en lecture.

Mais encore aujourd’hui, je trouve que culturellement, les francophones ont un accès plus difficile à la lecture. Le prix des livres en français au Canada, par exemple, est bien supérieur à celui des livres en anglais… »

Propos recueillis par Laurence Buenerd



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