Utiliser les résultats
de PISA et PEICA

Institut d'été - Jour 3 - Vendredi 27 juin


 

Panel 2 en long_Journée 3_Institut été 2014
Le deuxième panel de la dernière journée s’est efforcé de répondre à l’épineuse question des meilleures façons d’utiliser les résultats du PISA et du PEICA pour soutenir les politiques et les pratiques.

Art Graesser, de l’Université de Memphis, a débuté sa présentation en évoquant la nécessité de considérer chaque niveau de numératie séparément aux États-Unis. Il a donné l’exemple du nombre d’heures consacrées aux mathématiques et aux technologies dans l’enseignement primaire et du fait que les universités nord-américaines sont remplies de chercheurs de haut niveau d’origine étrangère. Une constatation qui devrait inciter les gouvernements à augmenter leur financement de l’enseignement primaire…
Il a également mentionné à quel point notre environnement est maintenant technologique. Et donné l’exemple de sa propre expertise, très peu utile pour comprendre comment connecter un poste de télévision avec Internet. Beaucoup des moins de 30 ans sont très à l’aise avec les technologies mais ne réussissent pas très bien leurs tests.
Art Graesser a conclu en mentionnant qu’il n’existe qu’un seul institut de rechercher financé sur des fonds publics et que sa dernière étude mentionnait que 72 millions d’adultes américains sont classés très bas sur l’échelle de la numératie.

Définition RPET_Institut été_Juin2014Pour Jeff Evans, de l’Université Middlesex, les données de PEICA commencent tout juste à être analysées et soulèvent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses. Jeff Evans estime que si la numératie est importante, elle ne doit cependant pas être mise en compétition avec la littératie, ce sont deux composantes d’une même compétence.
Sur la question du déclin de compétences, qui a beaucoup fait rire l’assistance au cours des derniers jours, Jeff Evans rappelle que les écarts entre les groupes d’âge peuvent être interprétés de différentes façons. Les Canadiens se sont désolés de voir que leurs jeunes performaient mieux que le groupe des 30-64 ans, mais les Britanniques, eux, ne sont pas plus heureux du fait que les deux groupes aient sensiblement les mêmes niveaux de compétences. La première lecture qu’ils en font est que leurs jeunes n’ont pas profité comme ils l’auraient dû de leur scolarité. Il recommande donc plus de nuances dans l’interprétation des résultats.
Il a conclu en rappelant que beaucoup de personnes ne sont pas à l’aise pour manier de gros chiffres, mais parfaitement capables de calculer.

David Mallows, du National du Research and Development Centre for adult literacy and numeracy (NRDC), a évoqué le peu de résonnances entre les études et la pratique sur le terrain. Pour lui, les praticiens devraient surtout s’intéresser à ce que les études disent à propos des personnes, de leurs niveaux et du temps qu’il faut pour qu’ils l’améliorent. Le PEICA a mesuré les pratiques de lecture des répondants. À ce propos, il rappelle les récentes recommandations de l’Union Européenne d’instaurer des environnements plus lettrés.
Or, la capacité à utiliser un texte et la capacité à lire un livre, par exemple, sont deux capacités différentes. Une personne peut fonctionner dans un environnement professionnel qui lui demandera de lire des instructions ou de simples mots mais aura le plus grand mal à lire un livre. Ce qu’il faudrait, c’est que les programmes incitent les personnes apprenantes à se mettre en contact avec des écrits, sans pour autant leur apprendre à lire des livres.

C’est Hervé Dignard de l’ICÉA qui a clôturé les présentations. Il a d’abord insisté sur l’importance pour l’ensemble des personnes et des organismes qui oeuvrent en éducation des adultes de se donner des bases communes pour l’interprétation des résultats. Et d’éviter les chiffres alarmistes s’ils veulent être pris au sérieux. Comme Jeff Evans, il pense que les interprétations doivent être nuancées.
Pour ce qui est de l’utilisation que les praticiens peuvent faire des données du PEICA, Hervé Dignard ne pense pas que celles-ci puissent remplacer l’expérience et l’expertise acquise sur le terrain. Par contre, elles peuvent donner des indications fiables sur l’efficacité des actions.
Les données peuvent aussi permettre de passer des messages aux décideurs. Si dire que 20 % des québécois sont analphabètes est non seulement faux mais inutile, expliquer qu’un québécois sur cinq est incapable de comprendre les documents officiels du gouvernement risque de susciter un grand intérêt…
Pour Hervé Dignard, la question des partenariats est essentielle et va le rester, étant donné les circonstances. L’ICÉA a récemment jeté les bases d’un réseau de lutte contre l’analphabétisme, avec différents organismes, des syndicats, des organismes en employabilité, etc., et souhaite augmenter encore le nombre de ses partenaires. Le lancement de ce mouvement devrait se faire le 8 septembre 2014. Un autre type de partenariat lui semble intéressant, celui des organismes de terrain avec un ou plusieurs chercheurs universitaires pour bénéficier mutuellement de leurs expertises, d’une caution scientifique en même temps que de l’expertise terrain.

Pour en savoir plus sur les différentes définitions utilisées par le PEICA, nous vous invitons à consulter la section sur les comparaisons entre les différentes enquêtes sur le blogue du PEICA.

Laurence Buenerd



Partager
Mots-clés
Written by admin