Le temps des choix…

Institut d'été - Jour 3 - Vendredi 27 juin


Linda ShohetLinda Shohet se dit satisfaite de la dernière édition de l’Institut qui s’est terminée aujourd’hui. Elle est contente que des liens aient été faits entre ce qui se passe sur le terrain et les avancées de la recherche sur les données du PEICA qui restent encore très abstraites. Il y avait un bon équilibre des présences entre chercheurs et praticiens. Ça a permis des échanges très constructifs, notamment pour les personnes qui travaillent sur les programmes, elles ont pu obtenir des réponses à certaines de leurs questions par rapport aux programmes qu’elles dirigent. Linda rappelle qu’il faut rester toutefois prudent sur les interprétations. Comme l’ont aussi rappelé certains participants, le PEICA a la faculté de soulever plus de questions qu’il n’apporte de réponses…

Cet Institut sera le dernier de l’année 2014. Il n’y aura pas d’Institut en octobre, le prochain étant programmé en 2015, coupure budgétaires obligent… En ce qui concerne l’avenir, Linda a eu l’occasion de s’exprimer plusieurs fois au cours des trois journées qui s’achèvent. Elle estime que les participants de l’Institut sont un échantillon très représentatif des expertises qui existent au Canada et ailleurs dans le monde. Au Canada, cette expertise est maintenant menacée, et il ne faut plus prendre pour acquis l’accès à des ressources diverses et pertinentes. La fermeture du site de COPIAN en est un exemple éclatant.

Pour Linda, il est maintenant essentiel de se concerter et discuter de ce qui doit être sauvé au Canada. Le secteur doit continuer à être alimenté, comment continuer à le faire dans les années à venir ?

Une opinion très largement partagée au sein de la communauté. Un tour de table sur le sujet a ramené des commentaires très similaires : il faut préserver ce qui a été construit au cours des trente dernières années et aller de l’avant en restant unis pour faire avancer la cause de l’éducation des adultes.

Pour Geneviève Dorais-Beauregard du CDÉACF, la priorité est la recherche de solutions pour conserver l’expertise et les services offerts aux organismes francophones sur le terrain. Si les services en ligne sont peu coûteux, certains autres services vont devoir être facturés. Mais il faut que l’information et la documentation restent disponibles…

Pour Normand Lévesque du RESDAC, les organismes doivent se réorganiser pour pouvoir continuer à travailler sur les approches, sur les pratiques et surtout sur la façon dont l’amélioration de compétences est analysée. Contrairement à ce que prétend le Ministère, ce n’est pas pour leur propre survie que les organismes se battent, mais bien pour qu’il subsiste des structures, de la recherche et des expertises. Aujourd’hui, le danger qui guette les organismes qui se retrouvent avec peu de moyens, c’est le renfermement sur soi. Il faut au contraire chercher des partenaires, des alliés de la société civile, la survie du secteur en dépend.

Les compressions que viennent de vivre tous les organismes ne doivent pas signifier l’anéantissement de trente ans d’efforts et un effet dévastateur pour les personnes ayant de faibles niveaux d’alphabétisation.

Laurence Buenerd

 



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