L’enquête PEICA : pourquoi et comment ?

Un peu partout dans le monde, les gouvernements sont confrontés à de gros défis : maintenir la compétitivité de leur économie dans un environnement changeant, maintenir une population active la plus compétente possible et surmonter les difficultés liées au vieillissement de cette population. La formation de cette population active est au cœur de ces préoccupations.

Le Canada est l’un des 34 pays membres de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), dont la mission est de promouvoir des politiques visant à améliorer le bien-être économique et social des populations partout dans le monde.

L’OCDE a mené trois enquêtes internationales, depuis 1994, sur les niveaux de littératie des populations : en 1994, en 2003 et en 2011, pour disposer de données comparables d’un pays à l’autre, ce qui n’était pas faisable avant ces enquêtes.

La dernière enquête, intitulée Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA), à laquelle ont participé 24 pays (22 pays membres de l’OCDE et 2 pays partenaires, Chypre et la Fédération de Russie)  en 2011 (une 2ème phase de l’enquête se prépare dans neuf pays supplémentaires), a pour but de mesurer les facultés cognitives et les compétences des personnes qu’on croit nécessaires pour qu’elles évoluent avec succès dans la société.

Le PEICA est aussi appelé l’Évaluation des compétences des adultes par l’OCDE.

Cette enquête doit permettre à chaque pays participant :

  • d’avoir des données comparables sur les compétences de sa population, sur ses systèmes de formation et leurs résultats;
  • de suivre l’évolution du niveau de compétence de sa population , grâce à une succession d’enquêtes;
  • de mieux comprendre comment les systèmes d’éducation et de formation permettent à ces compétences de se développer;
  • de mettre en place des politiques et systèmes d’éducation et de formation destinés aux adultes.

Qui participe

24 pays (22 pays membres de l’OCDE et 2 pays partenaires, Chypre et la Fédération de Russie) ont participé à la première ronde du PEICA (2008-2013) : l’Australie, l’Autriche, le Canada, Chypre, la République tchèque, le Danemark, l’Angleterre/Irlande du Nord (R.-U.), l’Estonie, la Finlande, la Flandre, la France, l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie, le Japon, la Corée, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne, la Fédération de Russie, la Slovaquie, l’Espagne, la Suède et les États-Unis.

9 pays participent à la deuxième ronde (2012-2016) : Le Chili, la Grèce, l’Indonésie, Israël, la Lituanie, la Nouvelle-Zélande, Singapour, la Slovénie et la Turquie.

Son financement

Au niveau international, le PEICA est financé par chacun des pays participant. Au Canada, le PEICA est financé par :

  • Le Canada (au nom des provinces et des territoires),
  • Le Conseil des ministres de l’Éducation (CMEC),
  • Emploi et Développement social Canada (EDSC),
  • Citoyenneté et Immigration Canada (CIC),
  • L’Agence canadienne de développement économique du Nord (CanNor),
  • Affaires autochtones et Développement du Nord Canada (AADNC),
  • l’Agence de la santé publique du Canada.

Pourquoi le Canada a participé au PEICA

Les trente dernières années ont apporté de nombreux changements politiques, sociaux et économiques à travers le monde. Par exemple : l’informatique et Internet qui ont modifié les façons d’apprendre, de travailler et de communiquer.

Le marché du travail canadien a aussi connu de profondes mutations sur le plan industriel, sur les types d’emplois offerts aux Canadiens et de l’usage de plus en plus répandu de la technologie par les travailleurs de presque tous les domaines.

Le PEICA fournit des informations sur le niveau et la répartition des compétences des Canadiens afin de mieux comprendre quelles compétences utilisent les adultes et comment elles sont utilisées.

Les plus récentes informations dont dispose le Canada datent de plus de 10 ans (2003).

Les nouvelles données récoltées aideront les gouvernements à orienter leurs décisions en matière d’éducation et de politiques pour la main-d’œuvre, ainsi que les employeurs qui veulent de l’information sur le bassin d’employés potentiels.

Elle permettront aussi au Canada de se situer par rapport aux 23 autres pays sur ce plan-là.

L’échantillonnage canadien

Le Canada est un pays diversifié avec deux langues officielles, une population autochtone importante, treize provinces et territoires et beaucoup d’immigrants. Son échantillon était le plus volumineux de tous les pays participants.

Pour bien comprendre le niveau et la répartition des compétences, non seulement pour la population canadienne en général, mais aussi pour les sous-groupes de la population et au sein de chaque territoire de compétence, il fallait un échantillon important pour avoir des résultats statistiques fiables.

27 000 personnes ont complété un questionnaire à propos d’elles-mêmes, de leurs études et de leur formation professionnelle, sur leur situation d’emploi ainsi que les compétences qu’elles utilisent dans leur milieu de travail.

Le Canada a aussi suréchantillonné certaines populations : les peuples autochtones, les immigrants récents, les minorités de langues officielles en Ontario, au Nouveau-Brunswick, au Québec et au Manitoba, et les jeunes en Colombie-Britannique.